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La valse-hésitation de la CAQ

Adrien Pouliot

Le jour de mon élection comme chef du Parti conservateur du Québec il y a huit semaines, j’ai affirmé haut et fort que le projet de loi 14 était une solution en quête d’un problème et que notre parti s’opposait catégoriquement à toutes ses dispositions. Je déplorais que ce projet de loi liberticide viole les droits et libertés individuels des Québécois et que Mme Marois cherche à créer la dissension sociale entre Québécois qui s’accommodent pourtant très bien de la Charte telle qu’elle existe actuellement. Elle cherche plutôt à apaiser les Ayatollahs de la pureté linguistique de son parti au lieu de promouvoir un Québec confiant et ouvert sur le monde et de s’attaquer à des problèmes plus urgents comme des impôts et taxes oppressant la classe moyenne.

La CAQ vient d’annoncer qu’elle votera en faveur du projet de loi 14 en première lecture. Son communiqué montre à quel point une « coalition » de fédéralistes et d’indépendantistes doit se contorsionner pour en arriver à justifier l’injustifiable simplement pour « gagner » des points politiques.

M. Legault enjoint le gouvernement péquiste à modifier le projet de loi offensant avant sa deuxième lecture auquel cas il leur donnera son aval. Mais les trois-quarts du communiqué servent à dénoncer ce que n’importe quel membre de la législature aurait pu voir il y a deux mois à une simple lecture du projet de loi (n’est-ce pas le rôle des députés que d’analyser et de critiquer des projets de loi?), soit qu’il est truffé de dispositions inutiles, vexatoires, coûteuses, coercitives, liberticides et d’un fondement juridique douteux.

Alors qu’au début, la CAQ plaidait qu’il y avait de bonnes dispositions dans ce projet de loi qui valaient la peine d’être adoptées, voilà que le chef annonçait à peine quelques semaines plus tard que trois dispositions le heurtaient : les militaires, les villes et les PMEs. Mais aujourd’hui, « d’autres enjeux sont toutefois devenus préoccupants », tels la ségrégation linguistique dans les CÉGEPS, les pouvoirs de poursuites de l’OQLF, les pouvoirs d’enquête accordés au ministre, l’expression « communautés culturelles » et le droit de vivre et de travailler en français. « Devenus préoccupants »? Quoi, ils ne l’étaient pas il y a huit semaines ni il y a quatre semaines? Et que reste-t-il du PL 14 si ces huit dispositions sont éradiquées? Rien! Une loi éviscérée et insipide. Alors pourquoi ne pas éviter la comédie burlesque d’une étude article-par-article en votant contre en première lecture et balancer immédiatement ce PL aux rebuts?

La réalité, c’est que la philosophie politique de la CAQ est fondée sur le « pragmatisme », c’est-à-dire l’opportunisme politique. En évitant d’avoir une boussole idéologique comme celle du PCQ qui camperait son positionnement fermement en faveur des droits et libertés individuels et, son corollaire, la responsabilité individuelle, M. Legault peut être « pragmatique », c’est-à-dire sentir le vent, lancer des ballons médiatiques pour tester la réaction de ses électeurs et prendre le cap nécessaire pour concilier son caucus divisé, marchander avec le parti au pouvoir et donner l’impression de nous sauver des caribous.

Avertissement à tous ceux qui poussent un soupir de soulagement à la possible ablation de dispositions offensantes du projet de loi 14 et qui voudraient en remercier la CAQ, dites-vous qu’il y aura d’autres projets de lois liberticides présentés par ce gouvernement péquiste. Et sans fondements ni principes ancrés dans de solides valeurs fondamentales, la CAQ pourrait bien voter en faveur de ceux-là, si le vent souffle du bon côté (ou du mauvais, c’est selon).

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